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Rodrigo Rato, sur le banc pour blanchiment d’argent, corruption et délits fiscaux

Madrid

Publié : mercredi 02 juin 2021 11:50

Le juge d’instruction de l’affaire Rato a accepté d’ouvrir un procès oral à l’ancien vice-président du gouvernement d’Aznar pour délits contre le Trésor public, blanchiment d’argent et corruption entre particuliers.

Le Parquet a demandé 70 ans de prison à Rodrigo Rato pour 11 délits contre le Trésor public, ainsi qu’un délit de blanchiment d’argent, un délit d’insolvabilité punissable, un délit de corruption dans les affaires et un délit persistant de falsification d’un document officiel et mercantile.

Malgré cela, le nombre d’années auquel Rato devra faire face sera moindre puisque dans l’ordonnance du tribunal d’instruction n°31 de Madrid, le magistrat rejette l’ouverture d’une procédure orale pour les délits de mensonge continu et d’insolvabilité punissable, tels et comme demandé par le Parquet.

Par ailleurs, le juge impose à l’ancien président de Bankia une caution de 65 millions d’euros pour faire face à la sanction qui pourrait lui être infligée. Rato disposera d’un délai d’un jour pour le payer après la perception de l’ordonnance d’ouverture du procès, qui aura lieu le 11 juin prochain. Dans le cas où le défendeur ne paierait pas les sommes requises, les biens seront saisis en quantité suffisante pour assurer la montant indiqué.

L’accusation de l’accusation

Dans son mémoire, le bureau du procureur indique que Rato détient un actif caché du Trésor espagnol depuis 1999, par l’intermédiaire de diverses sociétés, dont l’Irish Red Rose Investment, la Panamian Red Rose Finantial and Wescastle Corporation et la British Vivaway Limited. En utilisant de telles entités, Rato aurait mené des activités d’investissement financier en continu à travers une multitude de comptes bancaires ouverts aux Bahamas, en Suisse, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Suisse et à Monaco, entre autres, dans une opération inconnue du Trésor public et qui auraient constitué des faits imposables de 2005 à 2015.

Le procureur décrit la collaboration particulièrement pertinente qu’ont eue Santiago Alarcó Canosa, l’ex-beau-frère de Rato, et le conseiller fiscal Domingo Plazas Ruiz dans de telles opérations, le premier gérant ses comptes à l’étranger et gérant des structures d’entreprise qui servaient les intérêts de Rato et le deuxième, la gestion de la société espagnole Kradonara, filiale de Vivaway Limited et l’organisation du rapatriement d’une partie des sommes blanchies via des comptes omnibus titrés par le trust gibraltarien Finsbury.

Selon le parquet, les documents saisis au domicile de Rato et au siège de ses sociétés à Madrid, ont révélé que l’ancien ministre a également titré des comptes aux États-Unis et en Suisse inconnus du Trésor espagnol, qui a opéré via des comptes en des territoires à faible fiscalité tels que l’île de Man, le Koweït et Curaçao et qui auraient utilisé des structures financières pour effectuer des mouvements d’argent transfrontaliers secrets par le biais de fiducies et de sociétés opaques.

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