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Qu’est-ce que la «Marche verte»? L’invasion du Sahara occidental par le Maroc dont les conséquences sont toujours présentes

Madrid

Publication: mardi 18 mai 2021 15:53

La Marche verte était l’invasion du Sahara occidental par le Maroc alors qu’il était encore une colonie espagnole. Elle a eu lieu en novembre 1975, lorsque le roi Hasan II a profité du dictateur mourant Francisco Franco pour organiser une marche pacifique massive et annexer ce territoire.

Ceci, malgré le fait qu’à l’époque il y avait déjà plusieurs résolutions de l’ONU qui disaient que le peuple sahraoui avait le droit de tenir un référendum sur l’autodétermination. Cela n’a cependant jamais eu lieu et, le 6 novembre de la même année, 350 000 civils marocains, harangués par Hasan II, ont traversé la frontière et envahi la région, très riche en poissons et en phosphates.

L’Espagne n’a cependant pas répondu: en plein bouleversement autour de la mort de Franco et face à l’incertitude de la transition, elle a négocié les accords tripartites de Madrid, laissant le Sahara aux mains du Maroc et de la Mauritanie – qui finiraient par quitter la région. des années plus tard. – et, finalement, laisser le peuple sahraoui à son sort.

De nombreux Sahraouis ont alors dû fuir vers des camps de réfugiés algériens au milieu du désert, où beaucoup continuent plus de 40 ans plus tard. Pendant ce temps, les plaintes de violations des droits de l’homme ont été constantes par les sahraouis qui sont restés sur le territoire occupé par le Maroc.

Ceci, malgré le fait que depuis lors il y a eu plusieurs autres résolutions des Nations Unies insistant sur le fait que le peuple sahraoui a le droit à l’autodétermination, continue d’occuper le Sahara occidental.

Espagne, Maroc et Front Polisario

Le «New York Times», dans son édition du 31 octobre 1975, prévoyait que le résultat ne serait pas seulement l’abandon de l’Espagne, mais aussi la division de la zone entre le Maroc et la Mauritanie. Un fait qui, peu de temps après, aboutirait à un conflit encore très vivant aujourd’hui.

«Une tragédie humaine indéfectible pour le peuple sahraoui, sans même garantir à l’Espagne, puis à la Mauritanie, la jouissance de ce qui était stipulé dans les différents cahiers des charges de la transaction», selon les mots de l’universitaire Ahmed Boukhari, de l’Institut royal d’Elcano.

Dans le même temps, avec la «  Marche verte  » est née l’organisation qui, à ce jour, continue de lutter pour l’autodétermination du Sahara occidental: le Front Polisario, dont l’actuel dirigeant est actuellement admis dans un hôpital de La Rioja, et qui aurait déclenché la crise migratoire que connaît Ceuta ces dernières heures. Une guerre de front commence alors avec le Maroc et la Mauritanie qui, en 1979, choisissent finalement d’abandonner cette partie du Sahara occidental, tandis que le Maroc y reste.

Le Maroc continue d’occuper le Sahara occidental, avec une escalade de tension ces derniers mois, puisqu’en novembre de l’année dernière, les autorités marocaines et le Front Polisario ont mis fin à un cessez-le-feu qui avait duré plus de deux ans. A cela s’ajoutent les tensions qui se sont produites entre la diplomatie espagnole et marocaine, car, fin 2020 également, l’Espagne n’a pas reconnu la souveraineté du Maroc sur ce domaine, dans un différend qui dure depuis plus de 45 ans.

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