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Le journaliste espagnol David Beriain n’a pas fui au Burkina Faso pour ne pas abandonner son compagnon blessé

Mis à jour: mercredi 26 mai 2021 12:44

Publié le: 26.05.2021 12:43

Ensemble jusqu’à la fin. C’est ce que révèle l’enquête sur le meurtre des journalistes espagnols David Beriain et Roberto Fraile avec l’Irlandais Rory Young au Burkina Faso. Un rapport auquel El País a eu accès.

Juste aujourd’hui marque un mois de l’issue fatale. D’après ce qu’ils disent, Fraile a été gravement blessé. Dépassés par la puissance de feu et la supériorité numérique des djihadistes, les militaires burkinabè ont averti les Occidentaux qu’ils ne pouvaient pas tenir longtemps et qu’ils devaient se retirer. Mais Beriain et Young ont refusé de quitter leur partenaire et sont restés avec lui. Ce sont les conclusions des enquêteurs après avoir interrogé plusieurs survivants pour reconstituer les dernières heures des reporters.

Les corps ont été retrouvés le lendemain matin avec des preuves claires de leur exécution.

Le convoi de Roberto Fraile et David Beriain avait quitté la région de Natiaboani, dans la province du Gourma (Burkina Faso) à 9 heures du matin pour tourner un documentaire sur la protection des éléphants et le braconnage. Ils étaient accompagnés de 38 autres personnes, dont des agents environnementaux et une escorte de sécurité militaire. Ils étaient divisés en deux camionnettes et une douzaine de motos.

A 60 kilomètres de là, à Pama, ils se sont arrêtés pour enregistrer et prendre des photos avec un drone. C’est à ce moment-là, sur un chemin de terre, avec des nids-de-poule, entouré de jungle et à la hauteur de la réserve naturelle, que le convoi a subi l’attaque djihadiste.

Un militaire burkinabé faisant partie de la patrouille de défense a déclaré au correspondant français du journal Ouest-France que les combats avaient duré plus de trois heures.

D’autres témoins, comme un citoyen suisse de l’ONG de Rory Young qui était en patrouille et a réussi à s’échapper, ont déclaré aux enquêteurs, selon El País, qu’au départ la patrouille avait réussi à repousser l’assaut des djihadistes, mais qu’ils les avaient attaqués sur trois flancs avec des armes lourdes, telles que les mitrailleuses soviétiques PKMS, et les Burkinabè ont dû battre en retraite lorsque les munitions ont été faibles.

D’après ce qu’ils disent, les trois Occidentaux, qui se trouvaient à bord de l’un des pick-up, avaient débarqué et Fraile était grièvement blessé. Les militaires ont exhorté Beriain et Young à fuir, laissant leur partenaire derrière eux, mais ils ne voulaient pas le faire et sont restés avec lui.

Une version différente de celle proposée par le Burkinabé interrogé par le correspondant français, selon laquelle les trois occidentaux ont perdu la trace après être entrés dans la forêt. Après une recherche intensive avec des hélicoptères, l’armée burkinabè a localisé les corps le lendemain.

L’enquête suppose que l’attaque était l’œuvre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une fédération de groupes djihadistes dirigée par le terroriste Iyad Ag Ghali et liée à Al-Qaïda, qui opère au Mali et au Burkina Faso voisin. et l’a réclamé via un audio. Le groupe a également affirmé avoir capturé les deux camions avec des mitraillettes, les motos et le drone porté par la patrouille attaquée.

Ce groupe a régulièrement recours aux enlèvements pour demander des rançons, mais la question que se posent les enquêteurs dans cette affaire est de savoir pourquoi à cette occasion ils ont choisi de les assassiner. Une question à laquelle on ne peut pas encore répondre.

La vérité est qu’il y a encore des inconnues à résoudre. Il n’a pas non plus été précisé si les corps ont été retrouvés sur les lieux du combat ou si les djihadistes les ont initialement emmenés avec eux. Et bien que l’armée burkinabé ait lancé une offensive contre les groupes djihadistes au début du mois de mai, il n’y a pour l’instant aucune nouvelle que l’un quelconque des personnes impliquées dans le meurtre de Beriain et Fraile ait été capturé.

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